mardi 14 juin 2011

Et pendant ce temps,….ça chauffe !

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Les nouvelles se suivent et se ressemblent dans une apathie assez significative. Des inondations inédites en Australie et en Chine, des tornades meurtrières aux États-Unis qui battent tous les records, le Sri Lanka, le Brésil, l'Afrique du Sud en proie à leurs propres déluges. Dans le même temps, La Chine connaît sa plus grave sécheresse depuis 200 ans, le cours du blé est au plus haut et les dirigeants on t des sueurs froides. Le 12ème plan quinquennal place les problèmes de l’environnement à un niveau de « sécurité nationale », on prévoit 30 millions de réfugiés environnementaux internes à court terme.

Ces informations passent comme si leur démesure tétanisait notre esprit critique. On préfère sans doute se réfugier dans le connu pour gloser sur l’incomparable courage d’une femme humiliée par la sortie de route d’un mari débordé par une testostérone hors de contrôle.

Copenhague fut donc plus qu’un échec, une catastrophe. Depuis, personne n’ose aborder le sujet du réchauffement climatique, grand absent des débats présidentiels, comme si nous avions d’ores et déjà abdiqué face à la complexité.

Et pendant ce temps, ça chauffe. Le GIEC, largement échaudé par l’expérience de son ingérence dans les affaires politiques continuent sont travail, moins bruyamment, sans communication excessive, comme si le Groupe s’était résigné à ne pas voir leurs recommandations traduites en actions concrètes. 2010 fut un nouveau record d’émission de CO2. L' objectif de limitation d’une augmentation de 2° d’ici 2100 devient une vue de l’esprit au regard des dynamiques actuelles. L’organisation s’est toujours refusée à envisager les hypothèses dites « du chaos » (+ de 6° d’augmentation), au rythme actuel on s’en approche pourtant (+4° si la tendance confirme un « business as usual », Catherine Jeandel, CNRS).

Si le silence est désormais de mise, le retour du boomerang n’en sera que plus violent. Le catastrophisme et la culpabilité ne sont pas des méthodes pour convaincre dit-on… Le silence, voire le déni, ne sont apparemment pas plus efficaces. Notre ami pourfendeur de pachyderme, estime qu’il n’y a pas d’urgence à se préoccuper de phénomènes dont les conséquences interviendront dans un siècle. Les conséquences se font pourtant sentir dès aujourd’hui. Un simple regard sur l’état du monde devrait nous en convaincre.

dimanche 20 mars 2011

La nouvelle jeunesse des 14 points de Wilson

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Quand Benghazi espère, c’est Lhassa qui respire

L’ONU a donc adopté une résolution contre la Libye. A l’occasion de ce vote, la Chine s’est abstenue. Cela constitue une première et une véritable avancée dans l’implication du pays au sein de la communauté internationale.

En acceptant le principe d’une intervention, même limitée, la Chine revient sur son dogme de la non ingérence qui consiste à ne pas se mêler des affaires d’autrui pour qu’autrui n’intervienne pas sur sa propre souveraineté. Le statut de grande puissance mondiale exige un engagement dans les équilibres du monde et une prise de responsabilité collective dans la gestion des conflits. C’est une conception nouvelle de son rôle que Pékin appréhende crise après crise.

Le monde regarde Benghazi et à pris la responsabilité de venir à son secours. La Chine s’est investie dans cette disposition avec toutes les conséquences que cela impliquent sur sa propre politique intérieure. Le vote de cette nuit rend désormais plus improbable l’hypothèse d’une reprise en main violente du territoire Tibétain. Si Pékin se préoccupe de Benghazi, Pékin accepte de fait que le monde regarde Lhassa.

Pékin avalise de fait certains principes du droit international et de l’universalité d’une communauté de destin. Lorsque la diplomatie prend le pas sur les armes et sur la répression, c’est le monde qui se porte mieux. Tant mieux. Les Quatorze points de Wilson vivent à cette occasion une nouvelle jeunesse.

lundi 14 mars 2011

Cadrage de débat!

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Nucléaire, les termes du débat.

Comme prévu, Fukushima pose à nouveau les termes d’un débat sur le nucléaire. La fragilisation de la filière est évidente. Et comme souvent, nous commettons l’erreur de recentrer ce débat sur un périmètre franco-français assez stérile.

La question n’est pas la place du nucléaire en France mais dans le monde. L’enjeu réel porte sur l’Inde, la Chine, l’Ouest américain, les Balkans…En bref, toutes ces régions que nous prospectons commercialement et qui comportent des menaces sismiques réelles.

La philosophie qui doit guider ce débat ne réside pas non plus dans la définition d’un point d’équilibre entre risques et bénéfices, entre besoin d’énergie et émission de CO2, etc. Les comparaisons que l’on peut entendre ça et là avec la découverte du feu sont aussi puériles que sans fondement. La réflexion à mener porte d’avantage sur notre relation à la technologie. L’angoisse de Fukushima porte autant sur la catastrophe à venir que sur notre impuissance à maîtriser nos innovations, ces créatures qui nous échappent.

Enfin, la responsabilité des états et des parties prenantes de la filière nucléaire doit être mise en lumière. Gandhi l’expliquait, « il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’homme, il n’y aura jamais assez pour assouvir son avidité ». Il y a fort à parier que si nous avions eu l’opportunité de vendre une centrale nucléaire à Haïti, nous l’aurions fait.

samedi 12 mars 2011

12/03/2011, 15h36, Fukushima

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Fukushima, pour qui sonne le glas.

Ainsi c’est donc arrivé. L’épée de Damoclès dressée au dessus de l’industrie nucléaire s’est abattue avec l’ironie cruelle de choisir le seul pays déjà victime de l’atome militaire. A l’heure où s’écrit cet éditorial, le gouvernement Nippon assure que les niveaux de radiations restent sous contrôle. Qui peut le croire ? Une fois n’est pas coutume, André-Claude Lacoste, Président de l'Autorité de Sûreté Nucléaire évoque à demi-mot le danger de retombées sur la France.

Les anti-nucléaires auront beau jeu de rappeler qu’ils avaient largement mis en garde contre l’irrémédiable et ils n’auront pas tort. Nous assistons en direct à un désastre humain et environnemental majeur. Si l’explosion du réacteur de Fukushima se confirme, la filière aura bien du mal à se maintenir. Les drames environnementaux sont souvent méprisés dans les pays pauvres, mais pas au Japon et pas en direct à la télévision.

Un vaste mouvement, issu du débat sur le changement climatique a replacé l’énergie nucléaire au cœur des stratégies souveraines. Il s’agit paradoxalement d’un modèle dépassé, datant d’une époque où la foi dans le progrès technique dépassait toute autre considération. C’est cette même foi qui a conduit les opinions publiques à ne pas s’alarmer de la question des déchets. Le nucléaire est également une énergie coûteuse si l’on considère le montant des subventions directes et indirectes qui lui sont consacrées et si l’on intègre les provisions nécessaires au démantèlement des anciennes unités. Enfin, l’indépendance énergétique que propose cette industrie est une vue de l’esprit comme pourraient tristement en témoigner les otages de l’AQMI. Le Japon avait pleinement misé sur le nucléaire, dans quel état d’esprit se trouvera le pays demain ? Fukushima pourrait sonner le glas de ce qu’Anne Lauvergeon présentait comme la révolution énergétique du XXIème siècle.

Dans le même temps, le Samedi 5 mars 2011 a été publié en France le texte qui "enterre définitivement les derniers espoirs d’une filière employant 25000 personnes en France, le photovoltaïque"(.http://lundimidi.canalblog.com/)

lundi 7 mars 2011

Blackmail!

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Libye, ça se complique.

«Si les Européens ne nous viennent pas en aide, la Libye pourrait bien devenir une Somalie de la Méditerranée», Seif Al-Islam (6/03/2011).

Mouammar Kadhafi est un dictateur paranoïaque et mégalomane, certes. Mais cela ne l’empêche pas d’être intelligent et de savoir appuyer là où ça fait mal.

Lorsqu’il menace l’Europe d’une nouvelle Somalie en Méditerranée et d’un flot de réfugiés incontrôlable, il sait qu’il développe dans nos sociétés une sourde angoisse. Cet argument est d’autant plus percutant qu’il n’est pas dénué de fondement.

Tripoli et la côte Libyenne est un peu le Sangatte de la Méditerranée. En décembre 2010, on estimait à près de deux millions le nombre de migrants transitant chaque année sur le territoire du « Roi des Rois » de l’Afrique selon France Terre d'Asile.

L’opposition Libyenne ne ressemble pas à ses voisines de Tunisie ou d'Egypte. Peu d’intellectuels, peu de cadres et de leaders susceptibles de canaliser la colère des foules pour la transformer positivement. La Libye est une société clanique et l’unité territoriale de l’état n’est qu’une façade. Une société morcelée où le « livre vert » a de fait avalisé constitutionnellement ce patchwork d’ethnies. La guerre civile qui s’installe pourrait bien porter des chefs de guerres en lieu et place de démocrates éclairés. Le spectre Somalien n’est pas qu’une vue de l’esprit.

Il ne s’agit évidemment pas de soutenir un dictateur qui manie à merveille le chantage humanitaire et pétrolier, exploite la peur et pose le chaos en ultimatum. Pour autant, les diplomaties qui ne peuvent prévoir le réveil des peuples doivent s’y préparer pour déployer des plans B.

Le soutien du Quai d’Orsay au Conseil national libyen est de bon augure. Un geste proactif qui pourrait honorer une diplomatie en déshérence. La France a donc, la première, officiellement reconnu cet embryon de gouvernement. Mais composé de quelques avocats, médecins et responsables économiques, il faudra plus qu’un simple soutien pour qu’il résiste aux tempêtes à venir.

jeudi 17 février 2011

Le grand incendie

Le-grand-incendie-de-Londres.jpgVaincre la peur pour ouvrir l’avenir

Ce n’est pas un séisme, c’est un tsunami, un incendie où les dictateurs tout puissants d’hier affrontent les multiples foyers avec un sceau d’eau percé.

Le printemps du monde arabe,

La plupart des pays anciennement colonisés ont conquit leur indépendance au lendemain de la deuxième guerre mondiale, pas leur liberté. Les peuples aujourd’hui reprennent le cours de l’universalisme et de leur droit à disposer d’eux-mêmes. La chute des dictateurs est aussi la queue de la comète du XXème siècle et de l’implosion de l’URSS. Les pouvoirs en place portaient leur légitimité des luttes d’indépendance, puis d’un équilibre entre les blocs Est et Ouest pour enfin la remplacer par une lutte contre les fondamentalismes. Ankylosés par quelques décennies d’exercice du pouvoir, par une corruption inhérente à cette longétivité, les dictateurs n’ont pas vu le monde changer. L’Occident pas d’avantage. Notre classe politique, déjà en exercice lors de l’avènement de Moubarak et orpheline de ses repères diplomatiques a de quoi méditer.

Le grand incendie

C’est bel et bien un vent de liberté qui souffle en Méditerranée. Et cette rupture est irréversible. Si le peuple ne veut plus de la chape de plomb des généraux, ils ne voudront pas d’avantage d’une théocratie portant la burqa en projet de société ou de la lapidation comme exercice judiciaire. Mahmoud Ahmadinejad, dont le régime est en sursis depuis 2009 fait semblant de ne pas le comprendre. C’est une révolution des peuples, sans leaders, sans projets alternatifs ni Khomeiny de réserve. Même Kadhafi l’éternel perd de sa superbe et Bachar el-Assad, fidèle représentant des « fils de » se fait des cheveux gris. L’argument géopolitique ne justifiera plus des privations de libertés fondamentales et le maintient de privilèges éhontés.

Où s’arrêtera cette tornade. La Chine dit « observer attentivement » la situation au Proche Orient. Elle a fait à cette occasion son premier faux pas d’importance en soutenant jusqu’au bout le frère Hosni. Dans son soutien, on a pu deviner qu’elle continuait à défendre sa doctrine qui veut que l’ordre se paye au prix du sang. Mais la place Tahrir n’a pas sombré et la stratégie de Tien-an-men a échoué. Avec son nouveau statut de grande puissance, l’erreur diplomatique n’est plus permise et Pékin est fragilisé. Si la Chine reste la dernière autorité à maîtriser autant que faire ce peut la toile des réseaux sociaux, la clameur du Caire pourrait bien franchir la grande muraille.

L’histoire est longue à s’écrire et la Méditerranée n’est pas le Golfe Persique où l’Or Noir reste une damnation. Mais c’est peut être un nouveau siècle des lumières qui s’ouvre. Les peuples ont dit « Assez ! » et c’est déjà beaucoup.

La leçon du printemps arabe doit nous rappelle qu’aucune statue n’est indeboulonnable, qu’aucun pouvoir ne dure contre la volonté des peuples et que lorsque la peur est vaincue, l’avenir peut s’ouvrir.